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Entre la croyance populaire, les mythes, légendes et réalité, il y a un fossé incommensurable. Les arts martiaux n’échappent pas aux légendes, de même que les sports de combat. Très souvent, pour des raisons politiques, militaires, religieuses ou mercantiles, la vérité est déguisée pour mieux asseoir une autorité, une stratégie commerciale ou une idéologie. Justine MANCHUELLE de www.dailygeekshow.com nous donne une autre version de l’histoire des Ninjas.

Personnages incontournables du paysage nippon, les ninjas sont aussi connus que les samouraïs ou les geishas. Souvent présentés comme des assassins discrets et redoutables, la réalité est légèrement différente de ce qui est montré dans les œuvres fictives. En réalité, ces hommes de l’ombre plus proches des espions que des assassins sont loin des clichés que nous avons sur leur histoire, leurs techniques de combat et même sur leur nom. Voici 6 faits méconnus sur les ninjas.

Ils étaient davantage espions que combattants

Très présents dans les films et les dessins animés des années 80-90, les ninjas peuvent être vus uniquement comme des combattants redoutables capables de désarmer un adversaire en quelques secondes ou comme des assassins discrets. S’il est vrai que les ninjas savent se battre, leurs missions étaient bien différentes de celles que vous avez vues ou lues et une petite leçon d’Histoire s’impose. Apparus entre le XVIIIe et le XIXe siècle au Japon (même s’il est difficile de définir la date exacte de leur apparition), les ninjas seraient à l’origine des groupes de guerriers reniés agissant comme des milices civiles. Pendant la période féodale, ils proposaient leurs services aux seigneurs des différentes provinces du pays en accomplissant de l’espionnage, du sabotage ou encore de l’in- filtration. Leur activité de ninjas était souvent secondaire et beaucoup exerçaient un métier en parallèle. Par la suite, le terme désignait toute personne s’étant formée au Ninjutsu.

Le terme « ninja » n’est utilisé que depuis peu

Si nous avons pris l’habitude de les nommer ainsi, le terme « ninja » n’est en réalité apparu qu’au XIXe siècle. Il tire d’ailleurs son origine de la déformation de leur nom en chinois. Le système d’écriture nippon étant basé sur le chinois, il faut regarder comment s’écrit ce mot pour comprendre cette déformation. Les deux caractères qui composent Ninja signifient « endurer, espionner ou cacher » pour le premier et « personne » pour le deuxième. En chinois, un ninja est donc une personne qui espionne. Mais en japonais, une personne qui espionne est appelée « Shinobi mono ». Au Japon, ceux que nous appelons ninjas sont donc appelés Shinobis, mais quand les Occidentaux sont arrivés au Japon, on a présenté ces guerriers comme des ninjas simplement car le mot shinobi était difficile à prononcer. C’est donc grâce aux Occidentaux que les ninjas sont appelés ainsi de nos jours.

Les shurikens n’étaient pas utilisés pour tuer

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Considéré comme l’arme ninja par excellence, le shuriken fat partie de l’arsenal des guerriers de l’ombre. Cependant, ce petit objet métallique n’était pas la seule arme qu’utilisaient les ninjas. Un shuriken ne servait d’ailleurs pas à tuer une cible mais simplement à le distraire. Le shuriken était une tige de métal pointue à l’une de ses extrémités. La petite étoile métallique tranchante que beaucoup appellent shuriken se nomme en réalité shaken. A l’image du ninja, le shuriken est une arme lancée, légère et silencieuse, qui frappait par surprise. Si un ninja devait assassiner quelqu’un, il pouvait d’abord lancer un shuriken pour détourner l’attention ou blesser une personne en visant une zone sensible comme le visage. Une fois lancé, le ninja pouvait apparaître et finir le travail en utilisant des armes plus dangereuses comme un ninjato qui est un sabre court ou un kusarigama, une petite faucille attachée à une chaîne.

La tenue des ninjas n’a rien à voir avec celle des clichés

Dans l’imaginaire de beaucoup, les ninjas sont entièrement vêtus de noir et portent une cagoule sur la tête. Cependant, s’ils portaient cette tenue, ils ne réussiraient jamais leur mission. Porter une tenue uniforme n’est pas idéale pour être discret notamment quand on doit espionner quelqu’un. Et contrairement aux idées reçues, les ninjas étaient souvent des personnes comme les autres dans leur façon de se vêtir. Maîtres en matière de déguisement, ils n’hésitaient pas à adopter l’allure des autres pour accomplir leurs missions. Pour ne pas se faire remarquer, ils pouvaient se glisser dans la peau de jardiniers, de paysans ou même de moines dont on ne se méfiait pas. Cela ne leur empêchait pas de cacher dans ces déguisements quelques armes. L’image de l’homme entièrement vêtu de noir n’est donc qu’une invention moderne même si l’on peut en voir dans certaines œuvres d’Hokusai car le cliché veut que le ninja soit invisible et agisse de nuit, d’où le noir supposé de sa tenue.

L’art du ninjutsu

Afin d’exercer leurs talents en tant que shinobi, les guerriers devaient tout d’abord se former au Ninjutsu. Signifiant littéralement « l’art de persévérer », le Ninjutsu est un art formant à la survie, au combat et à d’autres capacités utiles pour espionner et saboter. Enseignés dans certaines écoles, ces techniques variées permettaient aux ninjas de faire face à toutes les situations et celles-ci ne se limitent pas seulement à des techniques de combat utilisant ou non des armes. Au-delà des différentes techniques de combat liées à la maîtrise de leur arsenal, les ninjas étaient formés à de nombreuses techniques indispensables à l’accomplissement de certaines de leurs missions. Dans le cadre de leur formation, leurs maîtres leur apprenaient les secrets de la stratégie militaire (le Gunryaku), plusieurs techniques d’évasion (le Tonpo, le Guton et le Juton), l’infiltration (le Shinobi Iri), le déguisement (l’Onshinjitsu) ou à viser les poings vitaux d’un ennemi par une simple pression des doigts (le Kyushojitsu).

Etre ninja n’était pas réservé aux hommes

S’il peut être vu comme un milieu machiste et exclusivement masculin, le monde des ninjas est en réalité mixte. Les femmes ninjas étaient nombreuses et elles avaient même un nom que certains ont découvert grâce aux animes : les kunoichis. On faisait appel à leurs services pour réaliser des missions d’espionnage. Aussi rusées que les hommes, elles aussi usaient de leurs talents mais aussi de leurs charmes pour approcher leurs cibles. Leur formation au Ninjutsu pouvait comprendre le Yugei, une technique leur permettant d’apprendre à jouer d’un instrument, à chanter ou à maîtriser l’art de la conversation. Afin de récolter des informations ou surveiller des cibles, les kunoichis se glissaient dans la peau de danseuses ou d’artistes pour s’approcher au plus près des personnes à surveiller. Elles pouvaient également si cela était nécessaire utiliser leurs atouts physiques pour mener à bien leurs missions. Le monde des ninjas, loin des clichés, était donc un milieu ouvert à tous et où chacun pouvait mettre en service ses dons pour la survie et la discrétion. Très secrets mais encore présents de nos jours, les ninjas n’ont pas fini d’alimenter notre imaginaire même s’ils sont loin de l’image que l’on peut en avoir… »

Sources : Justine MANCHUELLE de www.dailygeekshow.com

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Souvent intenses, les combats à l’épée comptent parmi les plus appréciés du public dans les films ou les séries. Toutefois, ceux-ci sont souvent chorégraphiés et ne rendent pas hommage aux vraies techniques de combat utilisées par les chevaliers. Des techniques pourtant utilisées dans les arts martiaux historiques européens et qui sont présentées dans un documentaire passionnant. Qu’ils soient présents dans les films, les séries ou racontés dans les romans, les combats à l’épée font rêvés petits et grands depuis que ces armes mythiques existent. Associés à une certaine idée d’héroïsme, de chevalerie ou tout simplement parce qu’ils plaisent visuellement, ces combats que nous « observons » depuis notre plus jeune âge sont pourtant loin de la réalité. Le plus souvent chorégraphiés, ils sont à des années lumières de ce qu’ont pu être de vrais combats lors des croisades. Cependant, un documentaire met en lumière les vraies techniques utilisées par les chevaliers et autre combattants à l’épée.

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Intitulé  « Back to the Source », ce documentaire financé grâce à une campagne « Kickstarter » met en lumière une discipline méconnue qui compte pourtant de nombreux adeptes à travers le monde : les arts martiaux historiques européens (AMHE ou HEMA en Anglais). Tout comme son nom l’indique, elle permet à ses pratiquants d’apprendre à combattre épée à la main mais d’autres techniques de combat sont également enseignées, issues de toutes les périodes de l’Histoire, de l’Antiquité au XIXe siècle. Lutte, pugilat, combat au corps à corps sont mis en avant avec une seule contrainte : la reconstitution historique la plus fidèle possible.

Le réalisateur du documentaire, Cédric Hauteville, montre que dans les AMHE, la pratique est aussi importante que la documentation. La recherche historique joue un rôle clé pour offrir aux adeptes l’enseignement le plus juste possible. C’est donc en épluchant de vieux manuscrits et en parcourant des textes anciens que les techniques de combat sont chaque jour peaufinées. Et quand la théorie est connue, elle cède sa place à la pratique. Les combattants utilisent alors ce qu’ils ont appris, le tout en utilisant des protections modernes et sûres pour chacun.

Alliant à la fois l’histoire et le sport, les arts martiaux historiques européens permettent de faire revivre les grands combattants passés en reproduisant quasiment à l’identique leur style de combat. Très présents notamment dans les reconstitutions historiques, ils montrent que même s’ils ne sont pas aussi beaux que ceux que nous voyons dans les œuvres fictives, les combats à l’épée étaient très impressionnants. Si vous souhaitez en apprendre plus sur les AMHE,  « Back to the Source » est disponible gratuitement sur Youtube et dispose de sous-titres en français.

(Sources : Kotaku / Par Justine Manchuelle www.dailygeekshow.com)

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« L’art d’aller à l’essentiel » (2ème partie) : Nous vous proposons des extraits du reportage parus dans le magazine SELF DEFENSE avec Christophe Jacquemart (auteur des livres Neurocombat I&II) et Eric Garnier Sinclair .

« ... Dans le précédent numéro de Self défense, nous avons découvert avec Christophe Jacquemart et Eric Garnier Sinclair l’importance du mécanisme des agents stressants négatifs qui parasitent perception et motricité. Ils soulignent l’importance de la gestion des émotions lors d’une situation « critique ». Celle-ci requiert des connaissances en amont car « dans la vie, le hasard n’existe pas et l’esprit a tendance à ignorer ou à rejeter les informations non conformes à l’idée qu’il se fait de la réalité ». On comprend mieux pourquoi l’apprentissage du scanning, de l’anticipation, de la compréhension du mécanisme du stress, de la préparation et du conditionnement du mental sont les bases des protections préventive et personnelle. Sans une gestion émotionnelle, il serait très difficile de réagir efficacement sans se laisser dépasser par les évènements lors d’une agression extérieure, quelle soit humaine, animale, ou lors d’une catastrophe naturelle.

Aujourd’hui, face aux nouvelles données scientifiques contemporaines, les certitudes, les préjugés et les mystifications propres à la protection personnelle ou self défense s’écroulent comme un château de cartes. Christophe Jacquemart et Eric Garnier Sinclair pointent du doigt le danger des gestes mémorisés sous forme de codifications qui, lorsque le stress atteint un certain seuil, ne seront plus analysés par le cerveau. En effet, l'adrénaline en réponse au stress de l'agression génère des perturbations cognitives, sensorielles et motrices, pouvant (suivant les individus) engendrer des battements cardiaques de 70 BPM à 220 BPM (voir même jusqu’à 300 BPM) en moins d’une seconde. Comme le souligne Christophe Jacquemart : « L’esprit est le premier niveau de défense à consolider. Si le combattant s’attend à subir la peur et en reconnaît les symptômes, il offre peu de prise à la panique désorganisée et il reste concentré sur l’agent stressant exogène (la menace). En cas de stress aigu extrême, le corps peut être physiologiquement et mécaniquement en limite de rupture. Les étages archaïques du cerveau peuvent faire disjoncter les circuits néocorticaux et prendre le pas sur eux. Si vous n’êtes pas préparé à une sortie de la normalité, alors vous céderez par votre maillon le plus faible soit une démission émotionnelle (panique), une démission cognitive (sidération et déni) ou une démission physique (inefficacité) ». Il faut bien comprendre que 90 à 95% des gens interrogés ont une vision faussée de la violence car ils campent sur des idées reçues. Pire, ils n’ont aucune solution plausible pour résoudre une crise dans l’imprévisibilité ! Hors si aucune solution efficace n’est apportée dans le calme en amont, il est clair qu’aucune réaction appropriée ne sera effective face à une sortie de la normalité. Suite de notre interview…

Dragon magazine : Pensez-vous qu’un haut-gradé en arts martiaux puisse être confronté ou victime des perturbations évoquées précédemment ?

Eric Garnier Sinclair : Il serait vain de manier la langue de bois. Vous pouvez être 6ème dan de karaté, de judo ou autre style, il faut bien comprendre qu’il n’est pas possible d’effacer la peur biologiquement activée, quelque soit votre force mentale ou vos grades. La nature est bien conçue et ses lois s’appliquent à tous sans exception, même pour les plus aguerris sur un tatami. Le dojo est une chose, la rue une autre. La respiration volontaire est l’une des clés les plus accessibles dans l’instant présent qui permet de contrôler, d’apprivoiser ce stress afin de désamorcer une situation tendue ou critique. La peur est un élément salvateur qui ne faut en aucun cas chercher à gommer car c’est elle qui va aiguiser vos sens et vos instincts le jour J, au moment X. Comprendre et connaitre la gestion des émotions favorisera le retour au calme indispensable alors que le simple quidam aura tendance à paniquer. C’est pourquoi il faut privilégier les principes les plus simples et les plus efficaces.

Hormis l’hyperventilation et l’adrénaline, d’autres facteurs interviennent comme le verrouillage comportemental, la loi de Hick hyman, les facteurs culturels ou religieux, certaines phobies … qui peuvent entraver l’esprit dans l’action car notre cher cerveau, comme Christophe le souligne dans son livre, « peut suspendre le déroulement des actions motrices si une action diffère radicalement du résultat attendu (erreur technique, sang, impact…) ».

Christophe Jacquemart : Le système des grades laisse penser que l’efficacité en combat dépend seulement du temps passé à s’entraîner, c’est-à-dire du nombre d’années de pratique, mais cette efficacité dépend surtout de la manière dont on s’entraîne. Bien qu’une compétence technique minimale soit évidemment requise pour combattre, le problème n’est donc pas tant de nature hiérarchique que de nature pédagogique. La qualité des réactions tactiques augmente instantanément lorsque la qualité des protocoles d’entraînement augmente, même sur une période assez courte. Nous allons illustrer cela avec un exemple. En 1971, Matt Thomas étudiait le karaté dans la Californie du sud. Une nuit, l’une de ses condisciples se fit attaquer. Elle tenta de mettre des atemis à son assaillant, mais retint toutes ses frappes comme à l’entraînement. Aucune ne fut efficace. L’homme l’empoigna, la jeta au sol, la chevaucha, la battit et la viola. Le lendemain, les autres élèves de la classe furent bouleversés, d’autant plus que la jeune karatéka était à la fois ceinture noire, compétitrice et championne de kata. Tout le monde attendait les explications du professeur et se demandait comment il allait expliquer que l’une de ses meilleures combattantes se soit fait dominer aussi facilement... L’enseignant n’expliqua rien de plus et dit simplement que la jeune femme devait s’entraîner plus durement encore.

Ulcéré, Matt Thomas se plongea dans la psychologie et passa au crible 2500 affaires de viol. A la suite de cela, il mit au point le « Model Mugging », un programme de travail basé sur des scénarios de mise en situation où des acteurs caparaçonnés répliquaient les circonstances typiques d’un viol (approche, agression verbale, saisie, mise au sol, etc.) pour déclencher un stress aigu chez les étudiantes et les obliger à réagir en état de choc. Chaque attaquant était revêtu d’une armure intégrale en mousse, conçue pour encaisser des frappes à pleine puissance sur les cibles vitales. Cette méthode appelée plus tard « conditionnement sous adrénaline » (Adrenal Stress Conditionning) fut améliorée pendant plusieurs décennies par Bill Kipp (école FAST) et Peyton Quinn (école RMCAT).

À l’heure actuelle, les instructeurs RMCAT et FAST ont formé des dizaines de milliers de personnes et ont recueilli des chiffres significatifs sur des populations très grandes — incluant de nombreux pratiquants d’arts martiaux et de sports de combat. Sans conditionnement sous adrénaline, ils estiment que 60 % des gens, se pétrifient au moment de l’agression, 25 % gesticulent de manière désordonnée et seulement 15 % délivrent des contre-attaques efficaces. Dans le même temps, ces instructeurs ont aussi effectué le suivi de 8000 anciennes élèves. 48 de ces femmes ont été ultérieurement victimes de tentatives de viol, au cours desquelles 46 se sont défendues de manière suffisante pour faire battre leur agresseur en retraite. L’une d’entre elles le fit 8 ans après sa formation, qui avait duré moins d’une semaine.

Dragon magazine : Eric vous parliez de la loi de Hick-Hyman. Qu’est-ce que c’est exactement ?

Eric Garnier Sinclair : La définition est la suivante : « La loi de Hick-Hyman, est un modèle de l'interaction homme-machine qui décrit le temps qu'il faut à un utilisateur pour prendre une décision en fonction du nombre de choix à sa disposition ». En clair, plus vous donnez des informations à votre cerveau, plus il risque de perdre les pédales pendant un court laps de temps lors d’une agression, donc vous allez augmenter le temps de réaction en cas de problème de 30 à 50 % d’où l’adage, mieux vaut connaître 10 techniques simples, efficaces et passe partout qui fonctionnent dans l’instant, plutôt que 100 codifications bonnes à épater la galerie et qui risquent d’engendrer une inhibition d'action (incapacité d'agir). C’est la base de tous les professionnels de la sécurité.

Christophe Jacquemart : Faire allusion à la loi de Hick revient à parler du temps de réponse du combattant. On peut considérer le cerveau comme un système de traitement de l’information situé entre un stimulus (par exemple un coup de poing) et une réponse (par exemple un blocage ou une esquive). La chaîne de traitement comporte donc une entrée, une sortie et une « boîte noire » entre les deux qui identifie le stimulus, sélectionne une réponse et programme l’action motrice. Toutes ces étapes réclament un certain temps de traitement, étudié par les scientifiques. Dans les années 1950, Hick a constaté qu’il existait un lien mathématique entre le temps de décision et nombre de réponses différentes possibles pour un seul et même stimulus. Hick a obtenu une formule mathématique de type logarithmique. Que cela signifie-t-il de manière simple ? Le temps de réaction est minimal pour un choix unique, puis augmente abruptement lorsque l’on passe à 2, 3 ou 4 choix. Ensuite (à partir de 10 choix), la courbe s’incurve et devient presque horizontale : le temps de réaction n’augmente pratiquement plus d’un choix sur l’autre. Sur notre exemple du coup de poing, le temps de réponse sera donc minimal si nous ne connaissons qu’un seul blocage. Mais, dès que nous apprendrons un second blocage, il nous faudra 60% de temps en plus pour commencer à bouger. Inversement si nous connaissons déjà dix blocages possibles sur cette attaque et que nous en apprenons un onzième, nous ne serons pas tellement plus lents entre 10 et 11 choix, qu’entre 9 et 10 choix. Par contre, nous réagirons 3 à 4 fois plus lentement que si nous nous n’avions appris qu’une seule défense ! En résumé plus on connaît de solutions différentes pour une même attaque et plus on met de temps à réagir. L’application pour le combattant est évidente : il faut diminuer au maximum le nombre de réponses possibles aux différentes attaques possibles et idéalement disposer d’une seule réponse par type d’attaque. Si l’on pousse le raisonnement, il faudrait également réduire le nombre de stimuli différents possibles, afin de comprimer au minimum le nombre de couples [stimulus-réponse] que l’on doive mémoriser. Beaucoup d’attaques soi-disant différentes présentent en réalité davantage de points communs que de différences. Ces points communs devraient être analysés et servir de déclencheurs pour des réponses généralistes. Tactiquement, il est plus avantageux de réagir « à peu près bien » avec une défense instantanée, que de réagir trop tard avec une défense « parfaite ».

Dragon magazine : Vous parliez de phobies capables de paralyser une « victime » face à un agresseur ? Pouvez-vous nous donner un exemple ?

Eric Garnier Sinclair : L'hoplophobie (la peur des armes) en est une. Un autre exemple que j’ai rencontré plusieurs fois est la peur irrationnelle du sang, connue sous le nom d’’hématophobie. De nombreuses personnes sont « hématophobes » sans le savoir. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) « Cette affection arrive au troisième rang des phobies les plus répandues après celles des animaux et du vide. Des cas sévères de cette phobie peuvent impliquer ce que les autres peurs n'impliquent communément pas, comme le malaise vagal. Elle se traduit par des effets physiologiques comme une baisse du rythme cardiaque et de la tension pouvant aller jusqu'à l'évanouissement ».

Dragon magazine : Quelles sont les réponses stratégiques de notre cerveau face à une agression ?

Eric Garnier Sinclair : Vous avez 5 options : La fuite (ou éviter), l’attaque (défense), la soumission, la négociation et l’intimidation.

Christophe Jacquemart : Ma recherche initiale entre 2000 et 2005 s’appuie sur l’éthologie et sur l’adaptation scientifique actuelle du modèle précurseur de Walter Cannon, qui comporte désormais cinq possibilités : Fight (combattre), Flight (s’enfuir), Freeze (s’immobiliser, action de se « geler » sur place), Posturing (intimider) et Submit (se soumettre). Chacun de ces patrons comportementaux est préprogrammé dans le système nerveux et ne nécessite aucun apprentissage. Ces solutions étant innées, cela signifie qu’elles fonctionnent, ou tout au moins qu’elles ont fonctionné suffisamment longtemps pour que l’évolution les conserve. Il était donc logique de s’en servir comme fondations pour formaliser des réponses stratégiques pertinentes destinées au combattant.

Dans un premier temps, j’ai supprimé la nuance entre l’immobilisation (freeze) et la soumission (submit), qui me semblait trop subtile pour présenter un intérêt en défense personnelle - en théorie, l’immobilisation concerne davantage la violence prédatrice et interspécifique (« faire le mort » en face d’un ours ou pendant une fusillade), tandis que la soumission concerne davantage la violence sociale et intra-spécifique (abandonner la victoire au rival lors de l’établissement de dominances). Dans un deuxième temps, j’ai ajouté la négociation, une possibilité de résolution de crise spécifiquement humaine, nécessitant l’existence d’un langage articulé. Ainsi, lorsque j’ai rédigé ma première édition de Neurocombat Livre 2 en 2006-2007, j’ai proposé un modèle à 5 options, que j’ai appelé le 5D ou « les 5 options de réponse stratégique » : Désengagement (fuite), Désamorçage (négociation), Dissuasion (intimidation), Destruction (attaque, combat) et Docilité (immobilisation, soumission, passivité).

Dragon magazine : Christophe, vous écrivez dans votre livre « Neurocombat » que « l’armée facilite l’action de tuer chez les soldats par la combinaison de 4 méthodes de modelage du système nerveux ». Pouvez-vous nous en dire plus ?

Christophe Jacquemart : Habituellement, les animaux sociaux ne s’entretuent pas et n’utilisent jamais leurs armes naturelles les uns contre les autres. Par exemple, lors des combats territoriaux ou de reproduction, les oryx - des gazelles africaines aux longues cornes effilées - s’affrontent selon un rituel très codifié et se poussent front contre front, alors qu’elles essayent d’empaler les autres espèces. Les girafes utilisent leurs petites cornes pour s’affronter, mais écrasent les intrus à coups de sabot. Les crotales mâles combattent entre eux en se frappant avec la tête : le perdant est maintenu à terre avec une prise de soumission... Le même type de résistance au meurtre existe entre les humains, qui sont prompts à s’engager dans des querelles, mais extrêmement réticents à s’assassiner, contrairement à ce que l’on imagine généralement. On estime que moins de 2% de la population est apte à ôter la vie une autre personne. L’histoire militaire démontre que globalement, le soldat n’a pas envie de tuer, qu’il hésite à utiliser son arme et qu’il ne s’en sert d’ailleurs généralement pas. Ce problème contraint les armées à modifier le comportement des recrues afin de les rendre capables de tuer sur ordre. Quatre moyens sont en jeu :

  1. Le conditionnement opérant (skinnérien), qui consiste à automatiser une réponse donnée (par ex. tirer avec son arme) lors de la présentation d’un stimulus donné (par ex. la vue du soldat ennemi).
  2. Le conditionnement simple (pavlovien), qui consiste à rendre artificiellement agréable des actes de violence qui seraient naturellement repoussants.
  3. L’habituation est une exposition graduelle et répétée aux éléments stressants du combat qui émousse la sensibilité (accoutumance au bruit, au sang, à la brutalité, etc.).
  4. L’apprentissage vicariant est un mécanisme de façonnement psychologique par imitation d’un modèle. Ce quatrième levier semble le plus abstrait et le moins spectaculaire, mais il est en réalité le plus complexe et le plus puissant. Par l’observation constante, les novices incorporent peu à peu les caractéristiques de leur instructeur, sa manière de voir les choses, sa manière de réagir, sa manière de régler les problèmes, ses valeurs, ses croyances, etc. et subissent un remaniement mental profond qui va bien au-delà de l’acquisition de simples réflexes.

Eric Garnier Sinclair : Les psychologues militaires savent qu’il n’est pas aussi facile de tuer quelqu’un contrairement à ce que nous voyons dans les films. Jadis, un guerrier ou un samouraï ne pouvait réagir qu’avec un esprit vide de contradictions. Il est faux de penser qu’avec les arts martiaux d’aujourd’hui émasculés de toutes techniques dangereuses pour des raisons de sécurité, sportives ou artistiques, qu’il sera possible de se défendre efficacement face à un agresseur qui attaque en mode de guerre. Je suis affligé de voir ces publicités avec certains instructeurs se vantant d’être des « anciens » des forces spéciales, arborant un flingue à la ceinture ou un couteau à la main. C’est une fumisterie !

On ne peut pas enseigner aux civils certaines techniques de guerre car ces unités spéciales ont « subi » un conditionnement de combat spécifique, une sorte de reprogrammation, notamment pour le combat corps à corps (avec une arme blanche par exemple). Ils ont à leur disposition des « éléments » inaccessibles aux civils. Par exemple, les Commando Brésiliens apprennent à recoudre des plaies sur des cadavres. D’autres unités s’entrainent à des « techniques spéciales » également sur des cadavres. Il faut arrêter de faire prendre des vessies pour des lanternes à des néophytes... »

A suivre dans la prochaine newsletter

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Dans le livre de VOLWEST et Piero SAN GEORGIO «Rues barbares», les auteurs abordent un sujet méconnu, les clans en période de survie, avec une hiérarchie et un ordre de dominance bien précis qui s’instaurent rapidement. Etes-vous Alpha, Beta, Gamma ou Omega ? Il faut savoir que cette réalité n’est pas le propre des humains. Elle existe également chez les loups. Sandrine Devienne (le Klan du Loup) nous explique la structure sociale chez ces quadrupèdes à la réputation erronée. Nous vous conseillons de visiter le magnifique site de cette association qui a pour but la défense et la protection du loup en France. (www.loup.eu).

« Dans une meute de loup, la structure sociale est capitale pour sa survie. C’est l’art de vivre ensemble pour le meilleur et pour le pire. Afin d’éviter de se battre entre eux, il y a un ordre de dominance. Chaque membre a sa place, ou rang, au sein de cet ordre. Lorsqu’un loup de rang supérieur a un désaccord avec un loup de rang inférieur, le loup de rang inférieur cède sans se battre.

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Qu’est-ce qu’un loup alpha ?

Je dirais plutôt un couple alpha. Il s’agit des meneurs qui prennent toutes les décisions nécessaires pour le bien-être de leur meute tout entière et sont les seuls à se reproduire. Les individus alpha sont par définition les plus hauts dans la hiérarchie d’un groupe. Ils ont pour missions instinctives l’organisation des repas, l’initiative des départs en chasse et guident la meute pendant la chasse. Ils sont aussi les premiers à manger lors de la capture d’une proie. Ils jouent un rôle très important dans l’initiation et l’organisation des déplacements de la meute. Ils assurent la défense du territoire par des marquages olfactifs, voire double marquage qui constituent d’ailleurs l’un des meilleurs indicateurs du statut de reproducteur dominant, en plus de l’initiation aux hurlements. Le couple alphas s’attribue les meilleurs endroits de repos, une zone d’isolement spécifique au couple dominant. Les autres membres du groupe n’y ont pas accès et la dominance du mâle alpha est totale. C’est là que se déroulent les accouplements. L’un des rôles les plus importants du couple alphas est de réguler les activités reproductrices de la meute. Cette régulation empêche ainsi de détruire les proies par surconsommation, ce qui signifierait la mort de la meute à plus ou moins long terme. On les reconnaît à leurs postures, oreilles droites, regard fixe, queue dressée.

Qu’est-ce qu’un loup Bêta ?


Ces loups sont placés au second rang, derrière le couple alpha. Ils ont pour mission instinctive de protéger le couple alpha. Des « bodyguards » en quelque sorte. Ils s’appliquent à détourner nombre de dangers pour protéger les précieux chefs de meute. Ce sont les plus gros loups, les plus intrépides de la famille et ils sont très vigoureux, faisant régner les lois de la meute dirigée par le couple alpha. Les loups bêta délimitent leur territoire par le dépôt d’odeurs sécrétées par des glandes situées sous leurs orteils et ils laisseront, en plus, des traces de griffes en des endroits stratégiques. Certains les nomment aussi « les exécutants » du couple alpha. En cas de danger potentiel, ils ont également le rôle d’éclaireur.

La ligne de leur dos, bien que soutenue est moins nette que celle d’un alpha. Le hurlement du loup bêta est moins grave que celui d’un alpha, bien qu’il reste guttural, il retentit 3 à 4 fois plus longtemps que celui d’un alpha et de ce fait, renforce et prolonge les appels de la meute. Il est l’individu qui s’approchera de vous en premier afin de déterminer le danger et vous tester. Cependant, lorsqu’il se trouvera à proximité du couple alpha, il baissera la tête et la queue pour montrer sa servitude. Il reste néanmoins, le plus apte à remplacer le mâle alphasi celui-ci venait à mourir ou à perdre sa place, notamment en période de reproduction.

Qu’est-ce qu’un loup Gamma ?


Ces loups sont placés au troisième rang, derrière le bêta. Ils ont pour missions instinctives de contrôler le territoire et de créer l’illusion du nombre avec une technique de positionnement précise qui donne l’impression qu’ils sont plus nombreux. Par conséquent, la meute paraît plus grande. C’est une stratégie de défense et protection du territoire. L’alimentation des gamma n’étant jamais la même, leurs marquages par l’odeur varient, ce qui est une manière de duper et de faire fuir les loups étrangers à la meute. Concernant le hurlement, les loups gamma émettent une symphonie de sons, accompagnée de jappements, aboiements, hurlements et grondements. Les gamma sont très suspicieux, nerveux et sensibles à l’approche d’un danger qu’ils guettent en permanence. Ils montent la garde, font des rondes autour du territoire, afin de prévenir les bêta et les alpha rapidement de tout élément nouveau, en vue de préserver la sécurité de la meute. Les bêta et alpha se fient à eux pour donner une alerte afin de maintenir l’ordre au sein du clan.

Qu’est-ce qu’un loup Oméga ?

Un loup Oméga est indispensable à la survie d’une meute, même s’il est placé au dernier rang. Ce loup a pour mission instinctive de briser les hostilités pour faire baisser les tensions au sein d’une meute. Il est le bouc émissaire, le souffre-douleur, qui reçoit toute l’agressivité sociale du reste de la meute. D’une certaine manière il est un petit guérisseur. Par ailleurs, il prend des coups et a une position peu enviable, car il se place au milieu des querelles pour essayer de calmer les autres loups, apaiser leurs stress, les faire passer de l’agressivité à la sérénité. De ce fait, il rétablit l’équilibre. C’est quand même un cadeau que d’avoir l’Oméga. Il est le dernier à manger dans la meute. Néanmoins, Il est parfois récompensé par l’alpha pour ces actions d’apaisement. Il est donc d’une grande utilité. On le reconnaît à sa posture, fourrure aplatie, oreilles baissées, il rase le sol, la queue repliée entre les pattes.Dans le monde des loups, toute la meute mange en fonction de ce que les loups représentent dans leurs essences absolues. Tous les rangs ont un rôle qui se respecte.

Quelle leçon l’homme a à prendre des loups ? La leçon des rangs, de l’attitude, la question est : Qui je suis ? Pourquoi je suis là ? Pourquoi faire ?

Accepter ce que l’on est, trouver un équilibre, être en harmonie avec soi. Les loups ne trichent pas, ils sont ce qu’ils sont. Le premier a autant d’importance que le dernier dans leur monde. Car chacun connaît sa place. Si on ne comprend pas cela, c’est l’autodestruction. Les loups « Bêta » et « Gamma », deuxième et troisième rangs d’une meute de loups, sont tout aussi importants dans l’organisation d’un système social. Par définition, une espèce est dite sociale si la rencontre de plusieurs individus dans un espace donné est un évènement régulier et non impromptu, c’est-à-dire, si les individus vivent durablement en couple, en famille ou en groupes structurés. Les loups sont des animaux extrêmement intelligents, instinctifs, respirant la confiance et l’équilibre de leur meute. En les regardant vivre, ils éveillent notre conscience, n’en doutez pas ! N’attendez pas qu’il soit trop tard pour le comprendre ! Il faut penser aux générations futures. La respiration de chaque espèce, qu’elle soit végétale, animale et humaine doit rester avec ce qu’elle a créé pour la survie de tous. Le devoir de chacun d’entre nous est d’être curieux du monde qui nous entoure, pour nourrir sa réflexion qui mène en général au respect.

Sources : Sandrine Devienne pour le Klan du Loup (www.loup.eu)

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"L'arme ultime est l'esprit humain, tout le reste n'est qu'accessoire" (John Steinbeck)

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« Savoir pour prévoir et prévoir pour pouvoir » est l’une des devises de l’école A.D.R.V.©. En effet, un homme averti en vaut 2, un homme préparé en vaut 4, à la condition de négliger aucun module, qu’il soit santé, premiers secours, survie ou combat. Entraîne-toi comme tu combats car tu combattras comme tu t’es entraîné !! Première partie d’un facteur clé trop souvent négligé, la psychologie du combat, paramètre fondamental du combat avec en toile de fond, la préparation mentale et le rapport à la mort. " Celui qui n'est pas psychologiquement prêt à faire usage de son arme au cours d'une confrontation armé devra faire face à deux adversaires au moment du combat: il devra en effet se vaincre lui même avant de pouvoir affronter son adversaire " Ce reportage fut préparé par Prosécurité et s’adresse à tous les professionnels de la sécurité.

 

« En effet tout professionnel armé peut avoir à faire face au cours de sa carrière à des situations extrêmes où des vies seront en danger (et plus particulièrement la sienne), et où il sera peut-être amené à devoir donner la mort. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est habilité à porter une arme et que l’institution qui l’emploie l’a formé dans cette logique. Paradoxalement, cet aspect est très rarement abordé, et l’approche du tir se cantonne souvent à un simple geste technique dans des conditions aseptisées, totalement dissocié de la réalité souvent tragique du combat.Le professionnel armé perd ainsi totalement de vue le but ultime de cette instruction : Pouvoir tirer sur un être humain !

 

Bien que l’instruction force-contre-force permette effectivement de recréer de façon artificielle une « expérience » du combat et prépare de façon assez efficace l’opérateur à « presser la détente » sur son prochain, aucun entraînement (aussi réaliste soit-il) ne pourra jamais recréer l’état psychologique dans lequel tout individu sains d’esprit se trouve dans des situations aussi extrêmes. Les probabilités de survivre à un engagement armé ne reposent pas exclusivement sur les capacités techniques du tireur mais également sur son état psychologique au moment du combat. Il est par conséquent primordial d’associer à l’approche purement technique une préparation psychologique adaptée au cours de laquelle notre professionnel pourra d’une part comprendre les mécanismes psychophysiologiques auxquels il va devoir faire face en situation de combat, et d’autre part lui permettre d’aborder certains aspects de sa profession avec plus de lucidité et sans se voiler la face.

 

Lorsque donner la mort est la seule option

« Tu ne tueras point » est un des préceptes sur lequel est fondé notre civilisation et sur lequel reposent les principes de vie en société. Néanmoins force est de constater que certains individus n’ont aucun respect de la vie humaine. Contre de tels « prédateurs » et autres sociopathes, il n’y a parfois aucune autre alternative que de faire usage de la force létale pour protéger des vies. Vue sous un angle théorique ce postulat semble assez simple, mais concrètement, le professionnel armé qui doit prendre une décision aussi lourde de conséquence doit non seulement réagir à une situation extrême (il a rarement l’initiative), prendre en compte le cadre légale (est-il en état de légitime défense ?), et faire abstraction des répercussions pénales et administratives auxquelles il sera exposé s’il fait usage de son arme. Mais avant toute chose, rappelons qu’il devra « lutter » contre un principe profondément ancré dans son inconscient : il n’est pas socialement acceptable de donner la mort ou même de blesser un de ses semblables.

 

En effet, tout être humain sain de corps et d’esprit ayant assimilé les principes de vie en société éprouve une certaine répugnance à donner la mort. Cependant, le fait de choisir pour profession un des différents métiers impliquant le port d'une arme à feu (policiers, gendarmes, militaires, agents SUGE, agents de protection rapprochée, transporteurs de fonds...) engage à de lourdes responsabilités. Tout professionnel armé qui n'est pas préparé psychologiquement à faire usage de son arme sur un être humain et à faire face à la dramatique réalité des situations extrêmes inhérentes à sa profession représente un danger pour lui même autant que pour ceux qu'il est sensé protéger. Il a même été constaté que certains individus se trouvant dans une telle situation éprouvent une inhibition qui équivaut à préférer mourir plutôt que de prendre une vie (même si cet acte, aussi insoutenable soit-il, est légitime). Bien qu’une telle réaction soit de toute évidence très singulière, elle ne peut en aucun cas être envisagée pour un professionnel armé sur lequel repose la vie d'autrui. Il faut par conséquent se poser les bonnes questions en faisant preuve d’une totale honnêteté intellectuelle. « Suis-je prêt à mettre ma vie en péril ? Suis-je prêt à donner la mort ? »

 

Surtout ne pas se voiler la face

Nombreux sont ceux qui partent du principe qu’il ne se passera rien.Cette vision utopiste du problème n’est pas compatible avec ce type de profession à risque. Rappelons qu’en tant que professionnel armé vous pouvez avoir à faire face à de telles situations (ça n'arrive pas qu'aux autres !). Même si en effet les probabilités d’avoir à faire usage de son arme sont relativement faibles, elles ne sont pas inexistantes, et les conséquences sont souvent trop graves pour être négligées. Les faits divers dramatiques qui émaillent trop souvent l’actualité sont malheureusement là pour nous le rappeler.Le professionnel armé doit par conséquent être prêt mentalement à faire face aux situations les plus extrêmes. Pour ne pas être surpris au moment fatidique : « S’attendre à tout pour ne s’étonner de rien ».

 

Dans la même logique, certains négligent le port de leur gilet pare-balles (souvent pour des raisons de confort) et partent du principe qu’il ne s’est jamais rien passé jusqu’à présent « pourquoi en serait-il autrement aujourd’hui ? ». A l’inverse, d’autres ont pris conscience que l’enjeu est trop important pour être pris à la légère, et se disent à chaque prise de service "aujourd'hui, je peux me faire tirer dessus !". Ces derniers enfilent alors consciencieusement leur gilet pare-balles, même lorsqu’il fait quarante degrés et qu’il n’y a pas de climatisation dans leur véhicule de patrouille.

Porteriez vous un gilet pare-balles si vous aviez la certitude absolue de vous faire tirer dessus ? Si la réponse est oui, partez toujours de cette hypothèse et faites-en un principe immuable. N’oubliez pas que la vie n’a pas de prix !

 

Le processus de « négation » (déni de la réalité) :

Un des multiples mécanismes psychologiques de défense dont l’être humain dispose consiste à nier la réalité perçue. Lorsque ce mécanisme est utilisé par le sujet, celui- ci transforme (ou minimise) inconsciemment la signification des faits qu’il perçoit pour se rassurer. L’expérience démontre que certains professionnels armés, placés dans des situations extrêmes réagissent de manière inadaptée, ou trop tard : « Non, mon adversaire ne va pas faire usage de son arme ».Cette réalité est trop insoutenable pour être acceptée et notre sujet n’est pas préparé psychologiquement à faire face à ce type de situation.

 

L’hésitation

Souvent associé au processus de négation, l’hésitation est souvent la cause première d’une réaction à contre temps. L’échéance est ainsi sans cesse repoussée, et bien que le danger soit réel et imminent, et que l’usage de la force létale soit complètement justifiée, le professionnel doute de la légitimité de son geste et temporise son action. La prise d’une décision aussi grave nécessite en effet de pouvoir en assumer les conséquences. Sans une préparation psychologique appropriée, le sujet intégrera à son processus décisionnel une multitude de données « parasites » tels que la pression sociale, son bagage émotionnel et culturel, la crainte de sanctions administratives ou pénales, etc. Et chose étonnante, ce phénomène d’hésitation peut également être constaté au cours de certains exercices force-contre-force où le stagiaire sait pourtant que ses actes ne portent pas à conséquence.Le but d’une instruction moderne associé à une préparation psychologique adaptée aura pour but de permettre au professionnel armé d’analyser la situation avec le plus de lucidité possible, et de pas perturber son processus décisionnel avec des paramètres ne devant pas rentrer en ligne de compte lorsque de vies humaines sont en jeu.

 

Quant la maîtrise de la situation n’est qu’illusion

Lors des phases d’instruction, il est fréquent d’entendre certains élèves affirmer qu’ils n’auront jamais à utiliser leur arme, qu’une attitude déterminée sera amplement suffisante pour maîtriser un adversaire armé. D’autres s’imaginent que le simple fait de voir un uniforme et d’entendre des injonctions est suffisamment dissuasif pour que l’usage des armes ne soit pas nécessaire. C’est en effet parfois le cas, néanmoins, il est illusoire de croire que ce principe est une vérité absolue. Cette vision naïve du problème est principalement le fruit de la projection de leur propre éducation et de leurs propres valeurs (la crainte du « policier », la notion de bien et de mal, le respect de l’autorité ) sur le comportement d’un adversaire dont la logique n’est pas forcément régie par de tels principes. D’autre part, une aversion(plus ou moins inconsciente)pour l’emploi de la violence, contribue à cette vision faussée de la réalité. Il est effectivement rassurant de penser pouvoir maîtriser la situation sans avoir à faire usage de la violence. Il est malgré tout primordial d’être préparé psychologiquement à faire face aux situations spécifiques où une telle maîtrise nous échappe.

 

Volonté et détermination

Bien que la capacité technique à faire usage de son arme avec efficacité soit effectivement importante pour survivre à une confrontation armée, il n’en demeure pas moins qu’elle doit impérativement être associée à une détermination sans faille Cette détermination est en effet l’aspect le plus important pour survivre à l’engagement. Une arme à feu est effectivement totalement inutile si elle n’est pas associée à un acte à la fois volontaire et responsable. Le meilleur tireur du monde équipé du pistolet le plus précis et le plus fiable ne survivra pas s'il n'est pas prêt à faire tout ce qui est en son pouvoir (y compris donner la mort) pour protéger sa propre vie ou celle d'autrui.

A suivre...

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